📍BULOYER – Magny-les-hameaux Saint-Quentin-en-Yvelines

Le réseau dynamique SQY’Pousse et extinction rebellion Yvelines sud se sont mobilisés ces dernières années sur le devenir de la ferme de Buloyer. Voici un communiqué du réseau SQY’Pousse dont nous faisons partie concernant la transmission du domaine en cours.

Buloyer

Le collectif SQY’Pousse, réseau de 31 associations saint-quentinoises et de 31 membres individuels réunis autour de l’agriculture et de l’alimentation, fait cette déclaration au journal La Gazette à propos de la ferme de Buloyer, à la suite de la parution de l’article du SQY’Mag évoquant le lancement d’une ferme école au système de production basé sur l’agroécologie. Nos propos s’appuient également sur la note délibérative du conseil communautaire du 8 octobre 2020.

Nous sommes satisfaits de la remise en état des 4 000 m2 de serres qui commençaient à partir à tout vent

de l’apport de compost bio dans des terres en friche depuis 2016 pour envisager leur remise en culture prochaine. Il était en effet plus qu’urgent de trouver une issue à cette mise en sommeil d’une exploitation qui aurait pu faire vivre plusieurs actifs depuis 4 ans, et nous avons été pour cela lanceur d’alerte à 2 reprises en avril 2018 et en novembre 2019 lors de pique-niques citoyens.

À défaut d’avoir respecté la procédure d’appel d’offres promise (voir plus loin), nous accueillons, en l’état, favorablement le projet de cette école « Graines d’avenir » de la seconde chance tournée vers l’agriculture. Tout autre projet non agricole aurait eu notre désapprobation.

Nous déplorons que la primeur ait été donnée à l’enseignement privé aux dépens de l’enseignement public, qui aurait dû être, sauf si une consultation que nous ignorons ait été faite dans ce sens, l’interlocuteur naturel et privilégié pour une collectivité comme SQY qui gère des fonds publics. On encourage ainsi la privatisation de l’enseignement.

Nous observons que les 2 cofondateurs, MM. David Tuchbant et Bruno Aimard viennent d’une toute autre filière que celle de l’agriculture ; sur quelles expérience et capacité professionnelles se basent-ils pour valoriser leur projet agricole ? Dans le monde professionnel agricole, un agriculteur candidat à l’installation doit donner des gages aux institutions, prouver sa capacité professionnelle, diplômes à l’appui, présenter un projet d’installation viable sur la base d’un Plan d’Entreprise faisant ressortir un revenu suffisant en 4° année, et suivre un Plan de
Professionnalisation Personnalisé, cursus de formation préalable à toute reprise d’une exploitation pour bénéficier des aides.

Nous déplorons qu’aucun appel à projets public n’ait été lancé sur la valorisation de ce lieu historique

contrairement à ce qui avait été écrit et promis par M. Jean-Michel Chevalier le 12 avril 2018, à l’époque conseiller communautaire délégué du patrimoine bâti et à l’Optimisation du patrimoine, dans une lettre adressée à SQY’Pousse, je cite :

« Je comprends l’attachement de votre collectif à ce site et nous le partageons avec vous. Comme je vous l‘ai écrit, c’est pour cette raison que nous lançons un appel à projets, afin de trouver des acquéreurs capables d’investir dans ce site de manière pérenne et de proposer des projets en adéquation avec la vocation agricole de Buloyer. À cet égard …, votre réseau SQY’Pousse serait susceptible de proposer un projet agricole pour ce site. Aussi, je vous invite vivement à répondre à l’appel à projets que nous allons prochainement lancer. Dans ce cadre, vous pourrez alors présenter vos idées et vos projets à des acteurs très impliqués dans le développement d’activités agricoles que sont notamment la SAFER, le PNR de la Haute vallée de Chevreuse et la Chambre d’agriculture. »

La promesse n’a pas été tenue et il n’a été donné aucune chance aux porteurs de projets locaux

dont, pour certains d’entre eux, SQY’Pousse s’était fait l’ambassadeur auprès de l’agglomération. Ils avaient même réalisé leur business plan chiffré d’installation sur 5 ans de prévision, plan économique habilité en plus par la Chambre d’agriculture. Apparemment, aucune consultation de professionnels n’a eu lieu, y compris vers les maraîchers installés récemment et porteurs des idées de circuits courts et d’agroécologie reprises dans le projet. Ces candidats trouvent la décision arbitraire et se sentent évincés ; ils observent que l’avis du conseil communautaire n’a pas été sollicité. C’est une occasion manquée de rencontrer les porteurs de projets locaux, jeunes, dynamiques et innovants. Nous souhaitons, à cet égard, un éclairage sur la procédure adoptée et une totale transparence. A-t-elle respecté la légalité de bout en bout ?

“le projet ne mentionne pas pour ses futurs débouchés le réseau des AMAP et EPI “

Nous regrettons que le projet ne mentionne pas pour ses futurs débouchés de produits agricoles le réseau très dense et développé des AMAP et épiceries participatives qui maille notre territoire de 230 000 habitants et se fonde sur des principes de solidarité, tant appréciés par la population en pleine crise sanitaire. Une fois de plus, cela laisse à croire un déni de la société civile et de ses initiatives, un manque de confiance envers la population et son sens des responsabilités, une attitude infantilisante, en complet décalage avec les forces vives de SQY.

Nous remarquons que cette ferme école formera des promotions de 12 élèves sur 3 ans, ce qui est très peu. Nous pensons qu’en conséquence, il resterait de l’espace inoccupé qui pourrait permettre l’installation de porteurs de projet supplémentaires.

Sqy’Pousse, prenant acte des décisions d’orientation de Buloyer, se tient prêt, comme force de propositions, à rencontrer les responsables du projet actuel. SQY’Pousse avait rencontré, le 4 mars dernier, MM. Fourgous et Benhacoun qui avaient dit : « Une partie du site sera dévolue au public en s’appuyant sur les associations et le projet reste à construire… Après les élections, une délibération sur l’orientation du site et son cadrage aura lieu en concertation avec l’ensemble des acteurs… L’association de SQY’Pousse au projet est évidente : il y aura co-construction avec SQY’Pousse, pour éviter la déconnexion avec le terrain, donc la consultation de SQY’Pousse aura lieu. »

Et à notre question : « y aura-t-il un appel à projet public, car le collectif a des idées et des financeurs potentiels ? », il nous avait été répondu : « l’agglo espère que cela se fera ainsi … »